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Les livres de l'auteur : SAUVAGE Émile

Poilu sorguais né à Caderousse, Émile Sauvage a écrit 150 lettres à son épouse durant les 15 mois de guerre qui l'ont mené à  la mort… il nous laisse un témoignage unique

Ma Clairette, ma femme, mon amour, mon ange…”
C’est ainsi qu’Émile Sauvage, Poilu du 118e Territorial, s’adressait à sa femme alors qu’il était au front. Pendant des mois, il lui a écrit presque tous les jours, dans des conditions
extrêmes. À aucun moment, il n’a voulu l’inquiéter.
“… À l’instant où je t’écris, on bombarde le village, les obus tombent par-ci, par-là et nous n’en faisons pas cas…”
“… On dit des bêtises puis on va voir les trous faits par les obus…, je t’assure que c’est
très amusant…”

La vie de la ferme restait une préoccupation. De loin, il continuait à prodiguer des conseils :
“… Après tu vendras le mulet le plus cher possible et pas moins de 500 francs, enfin si la luzerne vaut six francs au moins, tu vendras…”
Mais ce qui le hantait le plus, c’était de pouvoir serrer sa femme dans ses bras, puis son fils, né pendant son absence.
“… Je suis fou Clairette, fou de bonheur et d’espoir. Quelque chose chante dans mon coeur. Il me semble que ta lèvre effleure la mienne, que ton corps glisse dans mes bras. Je crois te voir un peu plus forte que tu n’étais, la poitrine gonflée par la maternité…”
“… Mon dieu que le retour sera beau! Je ne vois pas qu’il y ait au monde un bonheur qui égale le retour de la guerre. Nous partirons toujours tous les trois ensemble, jamais nous quitter.”



Ce recueil de 150 “Lettres du front”, écrites du 8 août 1914 au 12 octobre 1915, est un témoignage exceptionnel, historique et humain à la fois.


Il nous a semblé indispensable de laisser à ces lettres leur vraie nature. Nous aurions pu rétablir certaines règles de français, mais nous aurions trahi leur auteur. Nous avons choisi de n’intervenir que lorsque la forme faisait obstacle à la compréhension.
Émile Sauvage écrivait dans son langage propre, lié à son histoire intime avec Clairette, sa femme, mais aussi dans un souci de passer au travers de la censure due à l’état de guerre, ce qui explique certaines originalités de vocabulaire.
Alors, plutôt que d’en faire des lettres “bien écrites”, nous les avons préférée authentiques, telles qu’elles ont traversé l’histoire pour vous être délivrées.
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